Youtube Livres
Sénèque : approche rapide
Lettre 1 à Lucilius, version exclusive Ternoise 2017
A Lire... Avant de quitter seneque.info

lettre de consolation sur la mort d un fils





Sénèque
page 1
 
le regard de seneque selon tableau Rubens
Forum 
le regard de seneque selon tableau Rubens
Biographie 
le regard de seneque selon tableau Rubens
Lettres à Lucilius  
le regard de seneque selon tableau Rubens
Théâtre 
le regard de seneque selon tableau Rubens
Autres Oeuvres  
le regard de seneque selon tableau Rubens
citations essentielles 
le regard de seneque selon tableau Rubens
Les livres 
le regard de seneque selon tableau Rubens
Héritiers de Seneque  
le regard de seneque selon tableau Rubens
Plan du site 
le regard de seneque selon tableau Rubens
Contact 



[16,99] XCIX. LETTRE DE CONSOLATION SUR LA MORT D'UN FILS.
IL NE FAUT PAS S'ABANDONNER A LA DOULEUR.

Je vous communique la lettre que j'ai écrite à Marulle, qui,
ayant perdu son tout jeune fils, supportait cette perte avec peu
de fermeté. Dans cette lettre je n'ai pas pris le ton accoutumé,
je n'ai pas cru devoir employer avec lui le langage de la douceur :
je le jugeais plus digne de reproche que de consolation.

A un homme affligé, et qui supporte avec peine une profonde
blessure, il faut accorder quelque chose : il faut le laisser se
rassasier de pleurs, ou du moins exhaler les premiers transports
de sa douleur. Mais celui qui se complaît dans ses larmes,
il faut dès l'abord le châtier, et lui apprendre toute la
sottise de ses lamentations.

Vous attendez des consolations? recevez d'amers reproches.
Vous qui supportez avec si peu de fermeté la mort d'un
fils, que feriez-vous si vous aviez perdu un ami? Il vous est
mort un fils d'incertaine espérance, il était si petit : ce ne sont
que bien peu de jours perdus. Nous recherchons des sujets de
tristesse, nous prêtons des torts à la fortune, comme si elle ne
nous donnait pas assez de justes sujets de plaintes. Mais en vérité
je vous supposais doué de la fermeté nécessaire contre les
plus rudes atteintes de l'adversité, à plus forte raison contre ces
malheurs de convention dont les hommes ne gémissent que
pour se conformer à l'usage. Si, ce qui est de toutes les pertes
la plus grave, vous aviez perdu un ami, il faudrait faire vos efforts
pour vous féliciter plutôt du souvenir de ce que vous avez
possédé en lui, que vous affliger de ce que vous avez perdu.

Mais 1a plupart des hommes ne comptent pour rien le bonheur
et le plaisir passés. La tristesse a, entre autres inconvénients,
celui d'être non seulement inutile, mais ingrate. Eh quoi !
n'est-ce donc rien pour vous, d'avoir possédé un tel ami? Tant
d'années passées ensemble, dans une liaison si intime, dans
une communauté d'études si entière, n'ont-elles donc été d'aucun
profit pour vous? Est-ce qu'avec l'ami vous enterrez l'amitié ?
Mais à quoi bon pleurer sa perte, puisque vous ne sentez
aucun profit de l'avoir eu? Croyez-moi, le sort a beau nous
les ravir, la meilleure partie de ceux que nous avons aimés
demeure encore avec nous.

Le temps passé nous appartient; et rien n'est en lieu plus sûr que ce
qui a cessé d'être. L'espoir de l'avenir nous rend ingrats pour le bonheur
présent ; comme si cet avenir, s'il se réalise pour nous, ne devait pas
sur le champ devenir à son tour le passé. C'est assigner des limites
bien étroites à la satisfaction qu'on peut tirer des choses, que
d'en borner la jouissance au présent; l'avenir, comme le passé,
nous procure le plaisir, l'un de l'attente, l'autre du souvenir;
mais l'un est encore incertain, et peut ne pas se réaliser;
l'autre ne peut pas ne point avoir été. Quelle est donc
cette fureur de laisser échapper le plus certain? Savourons à
loisir nos jouissances passées : pourvu que notre àme n'ait pas
été un vase sans fond et qui les laissait échapper à mesure
qu'il les recevait.

Il y a des exemples sans nombre de gens qui, sans verser
une larme, ont fait les obsèques d'un fils enlevé dans la fleur
de la jeunesse; qui du bûcher se sont rendus au sénat, à leurs
fonctions publiques, et se sont occupés sur-le-champ d'objets
étrangers à leur douleur. Et ils avaient raison : d'abord, les
lamentations sont inutiles, puisqu'elles ne changent rien aux
événements. En second lieu, il y a de l'injustice à se plaindre
d'un malheur, qui, pour n'être arrivé qu'à vous, n'en est pas
moins réservé à tout le monde. Puis, il y a d'autant plus de folie
à se plaindre que la distance est plus petite entre le défunt et
celui qui le pleure ; et ici nous devons montrer d'autant plus de
résignation, que nous suivons celui que nous venons de perdre.
Considérez la vitesse de ce temps si rapide : songez combien est
courte la carrière que nous parcourons avec tant de vitesse;
embrassez du regard cet immense cortége du genre humain, ten-
dant au même but, et qui n'est interrompu que par des espaces
bien petits, quelque grands qu'ils paraissent : celui que tu tiens
pour perdu, a seulement pris les devants. Quelle folie, que
de pleurer celui qui est parti devant vous, quand vous avez à
suivre le même chemin ! N'est-ce pas pleurer, après qu'il est
arrivé, un événement qu'on savait inévitable ? Ou, si l'on n'a
pas songé que cet homme devait mourir, on s'en est imposé à
soi-même. Pleure-t-on un événement que l'on croyait ne pas
voir arriver? Se plaindre qu'un homme soit mort, c'est se
plaindre qu'il ait été homme. Tous les hommes sont liés par la
même loi : ils ne naissent que pour mourir. Des intervalles
nous séparent, le but nous réunit. L'espace qui se trouve entre
le premier et le dernier jour, est incertain et variable : à considérer
les peines de la vie, il est long même pour l'enfant; sa
vitesse, il est court même pour le vieillard. Rien dans tout cet
espace qui ne soit danger, illusion; la tempête n'est pas plus
mobile : c'est une agitation universelle, une suite perpétuelle
de changements, au gré de l'inconstante fortune; et dans une
telle révolution de toutes les choses humaines, il n'y a rien d'assuré
que la mort. Cependant tout le monde se plaint du seul
événement qui ne trompe personne.

Mais il est mort enfant! - Je ne vais pas jusqu'à dire que
le plus heureux est celui qui est débarrassé de la vie : prenons
un homme qui est parvenu à la vieillesse : de combien peu n'a-t-il
point dépassé votre enfant? Représentez-vous l'abîme incommensurable
du temps, embrassez l'éternité ; et cet espace
que nous appelons une vie d'homme, comparons-le à l'immensité
des temps, puis vous verrez combien est court cet espace
que nous désirons, que nous voudrions pouvoir prolonger. Sur
ce temps, combien de moments sont pris par les larmes, par
les inquiétudes? combien par la mort tant de fois désirée
avant qu'elle vienne ? combien par les maladies et par la
crainte ? combien par les années de l'enfance, de l'ignorance
et de l'inutilité? De ce même espace la moitié est consacrée au
sommeil. Ajoutez les travaux, les désastres, les dangers; et
vous reconnaîtrez que, même dans la plus longue vie, il est peu
de temps employé à vivre.

Mais qui vous accordera que le plus heureux est de pouvoir
arriver promptement au but, et d'achever sa route avant d'être
fatigué
? La vie n'est ni un bien ni un mal; c'est l'occasion de
l'un et de l'autre. Ainsi votre fils n'a rien perdu que la chance
qui devait plutôt tourner contre lui que pour lui. Il pouvait devenir
modeste et sage, il pouvait par vos soins se former à la
vertu ; mais, et cette crainte était plus fondée, il pouvait devenir
trop semblable à bien d'autres. Regardez ces jeunes
hommes: des plus illustres maisons que le luxe a précipités
dans l'arène ; voyez-en d'autres qui, doublement impudiques,
sont tour à tour agents et acteurs dans des scènes de lubricité ;
pour eux, aucun jour sans crapuleuse orgie, aucun jour sans
quelque infâme débauche. N'est-il pas évident qu'il y avait
pour vous plus à craindre qu'à espérer ?

Vous ne devez donc pas vous créer des motifs d'affliction,
ni, faute de résignation, aggraver de légers inconvénients. Je
ne vous exhorte pas à faire effort et à relever votre courage : je
n'ai pas de vous assez mauvaise opinion, pour croire que,
contre une pareille disgrâce, il vous faille appeler le secours de
toute votre vertu. Ce n'est pas là une blessure douloureuse,
c'est une morsure légère, et vous en faites une blessure. En
vérité la philosophie vous a merveilleusement profité, si, avec
une âme aussi forte, vous regrettez un marmot moins connu
jusqu'alors de son père que de sa nourrice !

Quoi! est-ce que je veux vous prêcher l'insensibilité, vous
persuader de marcher tête levée au convoi même de votre enfant ;
vous défendre même d'avoir le coeur serré ! A Dieu ne
plaise ! Il y aurait de l'inhumanité, et non de la vertu, à voir
les funérailles des siens du même oeil qu'on les voyait en vie, et
à ne pas être ému au premier moment de la séparation. Mais
supposons que je vous le défende? il est des manifestations de
douleur tout à fait spontanées : il est des larmes qui échappent
à ceux même qui s'efforcent de les retenir ; leur effusion soulage
le coeur. Que voulez-vous enfin ? - Laissons-les tomber,
mais ne les y forçons pas : qu'elles coulent autant que la douleur
les fera sortir, mais non pas autant que l'exigera le désir
d'imiter les autres. N'ajoutons rien à notre affliction, et ne
l'exagérons pas par l'exemple d'autrui. L'ostentation de la douleur
est plus exigeante que la douleur elle-même. Combien m'en
citerez-vous qui sont tristes pour eux seuls? On gémit plus haut
quand on est entendu; et des gens bien silencieux et bien calmes
quand ils sont livrés à eux-mêmes, se répandent, dès qu'ils
ont des témoins, en lamentations nouvelles. Alors on se frappe
la tête, ce qu'on aurait pu faire bien plus à son aise, quand personne
n'était là pour en empêcher : alors on appelle la mort,
alors on se précipite hors de son lit. Le spectateur s'éloigne,
adieu la douleur. En cela, comme en maintes autres choses,
nous donnons dans ce travers qui consiste à se régler sur
l'exemple du grand nombre ; on se conforme non pas au devoir,
mais à l'usage. On s'éloigne de la nature, on se confond
parmi la foule, qui n'est une bonne autorité pour rien, et qui
sur ce point comme en toutes choses est remplie d'inconséquence.
Voit-elle un homme ferme au milieu de son deuil :
elle l'accuse de manquer de piété et de sensibilité: en voit-elle
un autre se rouler à terre et embrasser le cadavre du défunt?
C'est une femmelette, un être sans énergie. Il faut donc en toutes
choses prendre pour mesure la raison.

Il n'est pas de plus grande sottise que de chercher dans sa
tristesse un sujet de réputation, et de se faire un mérite de ses
larmes. Il est des larmes que le sage peut se permettre de répandre,
il en est qui tombent d'elles-mêmes. Je vais en expliquer
la différence. Dès que la première annonce de quelque
mort affligeante vient nous frapper, ou lorsque nous tenons le
corps qui de nos embrassements va passer dans les flammes et
le bûcher, la force de nature nous arrache des larmes : la révolution
que le choc de la douleur imprime à tout notre être,
se manifeste également dans nos yeux où elle excite une compression
qui provoque les pleurs : ce sont là les larmes qui s'échappent
par une pression involontaire. Il en est d'autres auxquelles
nous donnons cours, quand le souvenir de celui que
nous avons perdu se présente à notre esprit : et cette tristesse
n'est pas sans quelque douceur, quand nous nous rappelons
leurs propos pleins d'agrément, la gaîté de leur entretien,
leur tendre empressement à obliger : alors nos yeux répandent
comme des larmes de joie. Nous nous complaisons à ces larmes :
les autres sont plus fortes que nous.

Il ne faut donc pas que la considération de ceux qui nous
regardent ou qui nous entourent nous fasse verser ou retenir
nos larmes : qu'elles s'arrêtent ou qu'elles coulent, elles sont
également honteuses lorsqu'elles sont feintes. Qu'elles viennent
d'elles-mêmes; elles peuvent venir aux hommes les plus
calmes et les plus rassis. Souvent elles ont pu, sans faire tort à
l'autorité d'un sage, couler de ses yeux; mais dans une telle
mesure que la sensibilité se conciliait avec la convenance. On
peut, je le répète, obéir à la nature sans déroger à sa dignité.
J'ai vu des hommes dignes de respect assister aux funérailles
de leurs enfants ; leur visage portait l'empreinte de
leur tendre affliction, sans donner le spectacle d'une bruyante
tristesse. En eux l'on ne voyait rien qui ne fût l'expression
d'une douleur véritable. La douleur a aussi sa bienséance;
le sage doit l'observer; et comme en toutes choses,
il est dans les larmes un terme où l'on doit s'arrêter. Les hommes
de peu de raison ont seuls des transports de joie et de douleur.

Subissez donc la nécessité sans murmure. Que vous est-il
arrivé d'incroyable, de nouveau? Pour le convoi de combien
d'hommes ne fait-on pas prix en ce moment! n'achète-t-on
pas le lit funèbre ! combien n'y aura-t-il pas de deuils après le tien!

Toutes les fois que vous vous direz : Mon fils était encore
enfant, pensez aussi qu'il était homme; c'est-à-dire un être à
qui rien d'assuré n'a été promis, un être que la fortune ne
conduit pas toujours à la vieillesse, mais qu'elle se réserve de
congédier au point de sa carrière qu'elle juge convenable. Au
reste, parlez souvent de lui, et donnez à sa mémoire tout autant
de louanges que vous pourrez : son souvenir vous reviendra
encore plus volontiers à l'esprit, s'il n'est pas accompagné
de tristesse. Personne ne se plaît à la société d'un homme
triste, à plus forte raison à la tristesse. Si vous avez pris plaisir
à écouter ses propos et ses saillies enfantines, aimez à vous
les rappeler: dites-vous hardiment qu'il aurait pu remplir
toutes les espérances que rêvait votre prévention paternelle.
Oublier les siens, ensevelir leur mémoire dans le même tombeau
que leur cadavre, les pleurer sans mesure, pour ensuite
s'en souvenir à peine, est d'un homme insensible. C'est ainsi
que les oiseaux, que les bêtes sauvages aiment leurs petits :
leur tendresse pour eux est violente, et pour ainsi dire furieuse,
mais elle s'évanouit entièrement sitôt qu'elles les ont perdus.
Une pareille conduite ne convient pas à un sage : qu'il conserve
un long souvenir; mais qu'il cesse de pleurer.

Je n'approuve en aucune manière ce que dit Métrodore,
qu'il est une volupté, soeur de la tristesse; et qu'on doit s'y
abandonner dans les moments d'affliction. Je vais citer les
propres paroles de Métrodore, tirées de sa première Lettre à sa soeur:
g-Estin g-gar g-tis {g-lupehs g-suggenehs} g-hehdoneh, g-hehn g-kunehgetein
g-kata g-touton g-ton g-kairon. Je ne suis nullement embarrasé du jugement
que vous en porterez. Qu'y a-t-il en effet de plus honteux, que de
chercher du plaisir dans sa douleur; je dis plus, de convertir
sa douleur en plaisir, et de demander même à ses larmes une
source de jouissance? Ce sont pourtant là les philosophes qui
nous reprochent une sévérité excessive, et nous accusent de
prêcher l'insensibilité, parce que nous disons qu'il faut ou ne
pas laisser pénétrer la douleur dans notre âme, ou l'en bannir
au plus tôt. Qu'on me dise enfin quel est le plus incroyable et
le plus inhumain, de ne point sentir de douleur en perdant un
ami, ou de s'attacher à trouver du plaisir dans sa douleur même?

Pour nous, ce que nous prescrivons est conforme à
l'honnêteté : quand notre affliction aura donné cours à quelques
larmes, et jeté, pour ainsi dire, sa première ébullition, il
ne faut pas, disons-nous, livrer son àme à la douleur; et vous,
vous dites que même à la tristesse il faut mêler le plaisir!
C'est ainsi qu'avec des friandises nous consolons les enfants ;
c'est ainsi qu'une nourrice apaise son nourrisson en faisant
couler du lait dans sa bouche.

Quoi! même dans le moment où votre fils est sur le bûcher, où votre ami
rend le dernier soupir, vous voulez que le plaisir ne cesse pas pour vous,
et que le deuil même vous procure une douce sensation. Lequel
est le plus honnête, de bannir la douleur de l'âme, ou à la
douleur même de mêler le plaisir? Que dis-je, l'y mêler? c'est
le tirer de la douleur même. Il est, dit-il, une volupté soeur
de la tristesse
. - Un tel mot, il nous est permis de le dire,
mais non pas à vous. Vous ne connaissez qu'un seul bien, le
plaisir; qu'un seul mal, la douleur. Quelle alliance possible
entre le bien et le mal? Mais admettons-en la possibilité, la
circonstance même viendrait l'exclure. Quoi, nous aurions le
temps de scruter notre douleur elle-même pour y chercher
quelque chose de doux et de voluptueux. Il est des remèdes
salutaires à certaines parties du corps qui, appliqués à d'autres
parties, deviendraient sales et inconvenants; et telle application
qui pourrait être faite ailleurs, sans blesser la pudeur,
devient déshonnête selon la place de la blessure. N'avez-vous
pas honte de guérir votre affliction par la volupté? Il faut à
une telle blessure un traitement plus sérieux. Dites plutôt
qu'aucun sentiment de mal ne parvient à celui qui n'est plus :
autrement il vivrait encore. Rien ne peut blesser celui qui
n'est rien : s'il se sent blessé, il vit. De quoi le plaignez-vous ?
de n'être plus, ou d'être encore? Or, il ne peut éprouver aucun
tourment de n'être pas; y a-t-il sentiment pour qui n'est point?
Ce n'est pas non plus pour lui un tourment d'exister, car il
échappe au plus grand inconvénient de la mort, qui est de
ne pas être.

Disons-le aussi à celui qui pleure et regrette de voir son
fils enlevé à l'entrée de la vie. Nous tous, à comparer la
brièveté de la vie à l'immensité du temps, nous tous, jeunes
et vieux, sommes au même point. Le peu qui nous revient sur
la totalité des temps est moindre que l'on ne saurait dire, puisqu'une
si petite portion en est au moins une partie ; le point où nous vivons,
n'est presque rien, et cependant en fait une grande étendue.

Je vous adresse ces réflexions : ce n'est pas que vous puissiez
tirer profit d'un remède que je vous offre si tardivement:
je n'ai pas oublié que je vous ai dit de vive voix tout ce que je
vous marque dans cette lettre. Mon but est de vous punir de
ce léger écart qui vous a fait sortir un moment de vous-même;
de vous exhorter à vous armer à l'avenir de fermeté
contre la fortune, et à prévoir ses coups, non comme
possibles, mais comme inévitables.


lettre suivante : jugement sur le philosophe papirius fabianus



Commentez :

ma connaissance de Sénèque est finalement très limitée partagez vos réponses et questions

Des citations essentielles



Présentation des Lettres à Lucilius en vidéo :
La chaîne qui vous cause de Sénèque et autres curiosités :