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[4,39] XXXIX. INCONVENIENTS DE LA PROSPERITE. Les extraits que vous désirez, je suis prêt à les faire avec le plus de méthode et de concision possibles; mais, prenez-y garde, un ouvrage dans les formes ordinaires serait peut-être plus utile que ces abrégés d'aujourd'hui, dits autrefois sommaires, alors que nous parlions latin. Le premier est plus nécessaire à qui étudie : il instruit; le second à qui sait : il rappelle. Mais je travaillerai dans les deux genres. Vous, n'exigez pas de moi que je suive tel ou tel auteur : on donne un répondant quand on est inconnu. J'écrirai selon vos vues, mais à ma manière. En attendant, vous avez entre les mains une foule de traités; mais j'ignore s'ils sont assez méthodiques. Prenez le catalogue des philosophes; pour ranimer votre ardeur, il vous suffira de compter tous ceux qui ont travaillé pour vous; vous aussi, vous voudrez être compté parmi eux. En effet, une âme élevée a cela de beau en soi qu'elle se passionne pour les choses honnêtes. Rien de bas et de honteux ne saurait séduire un noble caractère; l'idée du grand le ravit et l'entraine. Voyez la flamme, elle s'élève droite, elle ne peut ni descendre, ni s'abattre, ni rester en repos; de même, toujours en mouvement, l'âme est d'autant plus remuante, plus active qu'elle a plus de vigueur. Heureux l'homme qui dirige cet élan vers le bien! il échappe à l'empire, au joug de la fortune. Modéré dans la prospérité, invincible an malheur, il méprisera ce que le vulgaire admire. Une âme grande dédaigne les grandeurs. Elle préfère la médiocrité à l'élévation. La médiocrité est utile; elle suffit à la vie; l'élévation nuit par son superflu. Ainsi les épis trop chargés se renversent; ainsi les branches rompent sous le poids des fruits; ainsi trop de fécondité nuit à la maturité. L'âme succombe de même sous le faix du bonheur. Elle en abuse contre les autres et plus encore contre elle-même. Pas d'ennemi aussi cruel pour son ennemi, que la volupté pour certains hommes. Si on leur passe leur arrogance, leurs fureurs insensées, c'est qu'ils souffrent tout le mal qu'ils font aux autres ; et il faut bien qu'ils soient victimes de leur frénésie; la cupidité ne doit plus connaitre de bornes, une fois qu'elle a franchi celles de la nature. La nature a ses limites; les désirs, fils de la frivolité, du caprice, n'en ont pas. L'utile est la mesure du nécessaire; mais à quelle mesure soumettre le superflu ? Ainsi, l'on se plonge dans les plaisirs, on s'en fait une habitude et on ne peut plus s'en passer; d'autant plus malheureux que le superflu est devenu le nécessaire. On ne jouit plus des plaisirs, on en est l'esclave, et, ce qui est le dernier degré du malheur, on aime son mal. Oui, c'est être au comble du malheur, que de se livrer à la débauche, non plus par passion, mais par goût; et le mal est sans remède quand les vices sont les moeurs du temps. lettre suivante : eloquence qui convient au philosophe |
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