|
|
|
[4,38] XXXVIII. ELOGE DES PRECEPTES BRIÈVEMENT PRESENTES. Vous demandez, avec raison, que notre commerce de lettres devienne plus fréquent. Rien de plus utile que ces leçons qui s'insinuent dans l'âme par pensées détachées. Les dissertations préparées et débitées devant la multitude font plus de bruit et moins d'effet. La philosophie est un conseil utile; et on ne donne jamais des conseils à haute voix. Parfois on peut employer ces sortes de harangues, quand il faut entraîner un esprit indécis. S'agit-il au contraire, non plus de l'engager à s'instruire, mais de l'instruire soi-même, alors il faut revenir à des formes plus modestes. De cette manière, les conseils pénètrent et se gravent mieux dans l'âme ; il ne les faut pas longs, mais efficaces. Ils doivent être semés comme le grain; tout faible qu'il est, dès qu'il tombe dans un terrain favorable, il se développe, et d'une extrême petitesse il parvient aux plus vastes accroissements. II en est de même d'un précepte : à le voir, il est borné, mais, mis en action, il grandit. Ce n'est qu'un mot, mais ce mot prend de la force et de l'accroissement, s'il rencontre une âme bien disposée. Oui, il en est des préceptes comme des grains : féconds, bien que courts. II ne faut, comme je le disais, qu'une âme propre à s'en saisir et à s'en pénétrer; fécondée par ces germes, elle fructifiera et rendra plus encore qu'elle n'aura reçu. lettre suivante : inconvenients de la prosperite |
|