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[4,37] XXXVII. DU COURAGE QUE DONNE LA PHILOSOPHIE. Vous êtes lié à la vertu par le plus solennel des engagements : vous avez promis un homme de bien. Vous êtes enrôlé sous serment. Vous dire que le service est doux et facile serait se moquer de vous; je ne veux pas vous laisser dans l'erreur. Aussi glorieux que celui du gladiateur est infâme, votre engagement est conçu dans les mêmes termes : périr sous le fouet, par le fer ou par le feu. Mais le malheureux qui se loue aux combats du Cirque, qui boit et mange pour avoir du sang à répandre, il est forcé d'endurer la douleur même contre son gré; vous, au contraire, c'est volontairement et avec joie que vous devez l'endurer. Permis à lui de rendre les armes, d'implorer la miséricorde du peuple ; vous ne devez ni déposer les vôtres ni demander la vie; mourez debout et sans faiblesse. Eh ! que vous servirait de gagner quelques jours, quelques années ? Venir au monde, c'est entrer dans une milice où l'on ne connaît pas de congé. - Mais, direz-vous, comment me débarrasser de mes liens? - Vous ne pouvez échapper à la nécessité, mais vous pouvez la vaincre. Ouvrez-vous une route; et cette route, la philosophe vous l'indiquera. C'est à elle qu'il faut recourir, si vous aimez la paix, la sécurité, le bonheur; si, en un mot, vous voulez de la liberté, le premier de tous les biens; nul autre moyen de les obtenir. La folie est un état déshonorant, abject, sordide et servile; elle obéit à mille passions cruelles, tyrans insupportables qui l'oppriment quelquefois tour à tour, quelquefois de concert,et dont peut seule affranchir la sagesse, la sagesse, l'unique liberté. Une seule route y mène; elle est droite; point d'écarts à craindre, marchez d'un pas assuré. Voulez-vous tout soumettre? soumettez-vous à la raison. L'empire qu'elle exercera sur vous, vous l'exercerez sur les autres; elle vous montrera le but où vous devez tendre, et les moyens d'y arriver : le hasard ne vous jettera plus au milieu des événements. Vous ne trouverez pas d'homme qui puisse remonter au principe de ses volontés; c'est que personne n'est guidé par la raison, mais qu'on se laisse pousser par un instinct aveugle. La fortune vient aussi souvent se heurter à nous que nous à elle. C'est une honte; au lieu de marcher, on est emporté.; et, au milieu du tourbillon, on se demande, tout éperdu : Comment suis-je venu ici? lettre suivante : la philosophie est un conseil utile |
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