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[19,112] CXII. IMPOSSIBILITE D'UNE REFORME, QUAND LES MAUVAISES HABITUDES SONT INVETEREES. Je souhaiterais de toute mon âme que votre ami se réformât et devint tel que vous le désirez. Mais il est déjà bien endurci ou même, chose plus fâcheuse encore, trop amolli et trop usé par une longue habitude du vice. Je veux vous faire une comparaison tirée de mon métier d'agriculteur. Toute vigne n'admet point la greffe : si le sujet est vieux ou ruiné ; s'il est faible ou grêle, il ne recevra pas le rejeton, ou ne pourra pas le nourrir, et ce dernier ne s'incorporera point avec lui et ne lui transmettra ni sa nature ni sa vertu. Aussi avons-nous coutume de couper la vigne hors de terre, afin que si la première greffe manque, on puisse répéter l'épreuve, et recommencer dans terre l'incision. L'homme, dont parle votre lettre, n'a plus aucune force ; pour avoir trop donné aux vices, il a perdu sa séve et sa flexibilité : on ne peut enter la raison sur cette âme, elle n'y prendrait pas. - Mais il le désire, lui. - N'en soyez pas dupe ! Je ne dis pas qu'il vous mente : il croit le désirer. Il a pris en dégoût la mollesse --- et se réconciliera bien vite avec elle. - La vie qu'il mène fait son tourment ! - Je ne le nie point : eh ! qui n'éprouve ce tourment comme lui ? Quel homme n'aime et ne déteste à la fois son genre d'existence? Ne donnons gain de cause à celui-ci, que sur la preuve qu'il aura rompu sans retour avec la mollesse. Quant à présent, ce n'est entre elle et lui qu'une bouderie. lettre suivante : absurdite de certaines questions. |
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